Ils n’avaient pas le mot « non » dans leur langue

 

Les habitants d’un pays étaient soumis en esclavage pour ne pas savoir prononcer une seule syllabe  : Non.

 

(Plutarque, cité par Montaigne, histoire inspirant peut-être Etienne de la Boétie (De la servitude volontaire, 1576)… et Edwy Plenel (Dire non, éditions Don Quichotte,2014)

 

Acte de résistance

« Un homme, lors de la Deuxième Guerre mondiale, en Italie, un jour s’est plié en deux. Impossible de le remettre droit, de jour comme de nuit, aucune force n’en est venue à bout. Impossible de le faire incorporer à la guerre ou maintenir en détention. Il est resté plié en deux pendant plusieurs années. Devenu symbole de la résistance ,il a été fusillé.
Il avait inventé cette attitude corporelle silencieuse qui était sa façon de parler juste. Plié, par refus de plier et pour montrer que l’homme  était déjà plié sous le joug du fascisme. Aujourd’hui on parle encore de la façon singulière d’avoir dit non à la guerre. »

 

(Marie-Magdeleine Lessana (Pour une « paix-attitude », in  » éclats de paix », de Alain Mingan, éditions du chêne,2004).

 

avril 23, 2014 Contes

Du souffle dans ce que l’on fait.

Un enseignant demande à trois étudiants. «Que faites-vous ? »

 Le premier lui dit « je travaille un cours»,

 le second  lui dit «je travaille un des cours de ma formation »,

 le troisième lui  répondit «c’est un des cours de ma formation qui contribue peut-être aussi à m’interroger  sur ma  future profession, sur la société dans laquelle je vis et sur celle que je voudrais contribuer à construire.

( conte proposé par l’auteur de ce site.)

 Résister aux casseurs d’horizons !

 On  pourrait ajouter aux personnes rencontrées par le Petit Prince de Saint Exupéry… un casseur d’horizons :

« Qu’est-ce que vous faites ? » demanda le Petit Prince,

 « Dès que je vois des ailes qui poussent je les rogne, je les casse, je les coupe. »

 « Vous aimez çà ? » demanda  le  Petit Prince d’un air effrayé,

 « Oh oui j’aime çà, je n’en décolle plus ! » répondit le rogneur d’ailes.

 « Moi, dit le Petit Prince, j’aime l’horizon. J’aime marcher doucement vers une fontaine. » 

 

   (Conte proposé par l’auteur de ce site avec ce commentaire:

Ainsi  la pente la plus forte c’est  celle qui nous amène à ne pas marcher vers des fontaines, c’est celle de la résignation devant les rapports de forces  alors que ceux-ci peuvent changer, alors qu’à chaque instant, le réel contient plus de possibles que l’on ne croit. Manquer de souffle, être étouffé(e) par l’impératif du réalisme,  laisser la place à des sortes d’experts de rétrécissements d’horizons, et  finalement de ne pas être à la hauteur des défis.

Simone de Beauvoir écrivait: « Il est peu de vertus plus tristes que la résignation. Elle transforme en fantasmes, en rêveries contingentes, des projets qui s’étaient d’abord constitués comme volonté et comme liberté. » Jean-Paul Sartre écrivait de même: »L’important n’est pas ce qu’on fait de nous mais ce que nous faisons nous-mêmes de ce qu’on a fait de nous. »)

 

 

 

février 16, 2014 Contes

Imagination

Un homme légua dix-sept chameaux à ses trois fils. Il avait légué la moitié à l’aîné, le tiers au cadet et le neuvième au plus jeune. Les trois fils entreprirent de diviser leur héritage mais ne purent trouver une solution. Dix-sept n’étant divisible ni par deux, ni par trois, ni par neuf les fils finirent par consulter une vieille femme connue pour sa sagesse. Après avoir réfléchi elle dit: « Voyez ce qui se passe si vous prenez mon chameau ».
Les fils se retrouvèrent alors avec dix-huit chameaux. L’aîné prit sa moitié, neuf. Le cadet prit son tiers, six. Le plus jeune prit son neuvième: deux. Il restait un chameau qu’ils rendirent à la vieille femme.
(William Ury)

février 16, 2014 Contes

Amour.

 Un mandarin était amoureux d’une courtisane. Elle lui dit «  je serais à vous lorsque vous aurez passé cent nuits sous ma fenêtre à m’attendre, assis sur un tabouret. »

 A la 99ème nuit le mandarin prit son tabouret  sous le bras et s’en alla.

(Histoire racontée par le philosophe Roland Barthes)

  (Commentaire de l’auteur du site : peur de décevoir, ou d’être déçu,ou volonté de ne pas se soumettre,ou refus de rencontrer une femme autoritaire, ou une autre femme entrevue partie devant lui et qu’il se met à suivre, ou  peur d’attraper froid ,ou mal aux fesses,ou s’est dit qu’il n’avait pas éteint la lumière chez lui  ou … ?)

 

 Amour encore et toujours.

« J’ai écrit ton nom sur le tronc d’un arbre mort,

 ton nom était si beau que l’arbre a refleuri. »

  (Geneviève Imbo)

 

  Amour de ses enfants.

 Un khalife  fit venir un sage, il lui demande « tu as de nombreux enfants : lequel  préfères-tu ? » Le sage répondit :

 « celui de mes enfants que je préfère c’est le plus jeune jusqu’à ce qu’il grandisse,

 c’est celui qui est malade jusqu’à ce qu’il soit  guéri,

 celui qui est triste jusqu’à ce qu’il soit joyeux,

celui qui est loin jusqu’à ce qu’il revienne,

 celui qui est éprouvé jusqu’à ce qu’il ne le soit plus,

celui qui ne pense pas assez aux autres jusqu’à ce qu’il y pense. »

 ( conte  entendu   et  reconstitué par l’auteur de ce site).

 

 

octobre 27, 2013 Contes

Fraternité.

Sur un chemin  je croise  une petite fille qui porte sur le dos son tout jeune frère. Je lui dis « tu  en as un lourd fardeau ! ».Elle s’arrête, me regarde et me répond « çà n’est pas un fardeau, Monsieur, c’est mon frère !! ».

Depuis ce jour, quand la peine des hommes m’accable et que le courage commence à partir, je me dis «çà n’est pas un fardeau que tu portes, c’est ton frère ».

 (  conte  proposé par l’Association Acat)

Fraternité  encore et encore.

 Un maître demande à ses élèves « Quand est-ce que la nuit prend fin et quand est-ce que le jour commence ? »

Des enfants répondent : « quand on reconnait un chat et  un chien, un vieux et un jeune, un  gros arbre et un petit arbre… »

Oui, dit le maitre, mais on peut ajouter que «  l’on sait que la nuit prend fin et que le jour commence lorsque l’on reconnait en chaque visage celui d’un frère ou d’une sœur, avant cela le jour ne s’est pas encore levé ».  

(conte écrit par Bernard Durel )

 Fraternité encore et toujours 

(Conte reconstruit par l’auteur de ce site à partir du précédent et  partagé parfois dans les  amphis)(conte mis aussi en exergue de mon ouvrage de « Relations internationales »,éditions Ellipses)..

Un enseignant demande un jour à ses étudiants « Quand peut-on dire que la nuit s’achève et que le jour se lève ? »

Quatre étudiants répondent tour à tour : « lorsqu’on y voit plus clair autour de soi et en soi, lorsqu’on a diplômes, métier, argent, et surtout santé, amour, amitié, lorsque dans la rosée du matin on cueille le souffle du monde, lorsque les enfants  souffrent moins et que toutes les personnes et les animaux  seront réunis au paradis s’il existe. » « Oui, dit l’enseignant, mais encore ? »

 Une petite voix se risque : «  je crois que la nuit s’achève et que le jour se lève lorsque l’on distingue un être humain d’un arbre, un arbre d’un canon, un canon d’une charrue, une charrue d’un morceau de pain. » « Oui, dit l’enseignant, mais essayez d’aller plus loin. »

 Quatre étudiants répondent tour à tour : « Le jour se lève quand on ne distingue plus l’arbre malade de celui qui va bien parce que tous respirent, lorsqu’on ne distingue plus un canon d’une charrue parce que tous les canons ont été transformés en charrues, lorsqu’on ne distingue plus les pauvres des riches parce que tous ont assez de pain, lorsqu’on ne distingue plus ceux qui commandent de ceux qui sont commandés parce que tous décident. »

Ainsi, dit l’enseignant, « se connaitre, être, avoir, aimer, moins souffrir, construire un monde écologique, pacifique,  juste et démocratique, tout cela et bien des choses encore font que la nuit s’achève et que le jour se lève.

 Peut-être pourrait-on ajouter que la nuit s’achève et que le jour se lève lorsque l’on peut voir dans le visage de chaque être humain celui d’un frère et d’une sœur. Alors la nuit s’achève, l’aube apparait, une aube d’humanité. »

 

 

octobre 27, 2013 Contes

Solidarités mystérieuses (Des personnes disparues ou un dieu ou Dieu  ou… ?)

Au soir de sa vie un homme se retourne et voit ses pas sur le sable, ils sont entourés d’autres pas, quelquefois  nombreux, mais de temps en temps il  constate que ses pas sont seuls sur la plage de sa vie.

 Il se dit tristement  «  j’étais seul, personne n’était là pour m’accompagner. » Il entend alors une voix qui lui dit « va voir tes pas !».

 Il approche et découvre que, lorsqu’ils étaient seuls, les pas étaient plus profonds. Il entend alors la voix lui dire : « tu ne le savais pas mais j’étais là et je te portais ».

Il pleura d’émotion et de reconnaissance.

(Histoire qui viendrait du Brésil , reprise sous différentes formes, et reconstruite  ici. )

 Solidarité.

 Un anthropologue propose un jeu aux enfants d’une tribu sud-africaine. Il met un panier de fruits près d’un arbre et leur dit : « le premier qui arrive gagne tous les fruits ! »

Au signal les enfants s’élancent en même temps en criant « ubuntu ! »et en se donnant la main, puis ils s’assoient ensemble autour de la récompense.

Ils expliquent à l’anthropologue « ubuntu, çà veut dire : je suis parce que nous sommes ».   (anonyme dans une revue écologique alternative du  département du Lot)

 

 

octobre 27, 2013 Contes

Humanité.

Un empereur demande à de nombreux savants de lui écrire l’histoire de l’humanité.

 Au bout de dix années ils reviennent avec dix volumes, « c’est trop long » dit l’empereur »,

 au bout d’un an ils reviennent avec un gros volume, « c’est trop long » dit l’empereur,

 au bout d’un mois ils reviennent avec une page, « c’est trop long » dit l’empereur.

 Au bout d’une heure  ils donnent à l’empereur une petite feuille. « Merci »  dit l’empereur.

 Il était écrit : « l’homme nait, aime, souffre, lutte et meurt ».

( conte reconstitué par l’auteur de ce site.)

 

octobre 27, 2013 Contes

 

Courage.

Un fermier voulait condamner son puits. Son chat(ou son âne, au choix) étant tombé dedans, il décide aussi de s’en débarrasser.

 Avec son voisin ils commencent à boucher le puits, le chat miaule à chaque pelletée  de terre puis il se tait.

Les deux hommes se penchent et voient que le chat se secouait à chaque pelletée, arrivant assez haut il bondit et partit cahin-caha.

Ainsi dans nos vies des évènements peuvent  nous «  tomber sur le dos »,  le courage nous attend.

( conte anonyme entendu à la radio  et reconstitué, voir aussi Internet).

Courage encore. 

 « Lorsque la désobéissance civile contre des injustices insupportables m’a mené en prison, plusieurs philosophes me rendirent visite.

 Ils me demandèrent « Mais pourquoi êtes-vous en prison ? »

Je leur répondis : « Pourquoi n’y êtes- vous pas ? »

(Henry David Thoreau, non-violent inspiré par Etienne de la Boétie)

La  capacité, si possible, de changer parfois de perspective.

« Un maitre ordonne à son disciple de donner de l’argent à toute personne qui l’insulterait.

 Au bout de trois ans le maitre lui dit « pars à  Athènes apprendre la sagesse. » Le disciple arrive et rencontre le sage assis à la porte de la ville, il  insultait ceux qui sortaient et entraient. Il insulte le disciple qui éclate de rire. « Pourquoi ris-tu alors que je t’insulte ? »

 « Parce que, dit le disciple, pendant trois ans je payais pour me faire insulter et toi, maintenant, tu me donnes çà pour rien ».

Le sage lui dit : « tu peux entrer dans la ville, tu es plein de sagesse. »

 (Histoire racontée par le Dalai-Lama)

 

 

octobre 27, 2013 Contes

Blessures et joies.

 Deux amis marchent dans le désert, ils se disputent, l’un donne une  gifle  à l’autre qui écrit alors sur le sable : « mon ami m’a donné une gifle».

Une oasis leur permet de se baigner, l’un sauve l’autre qui allait se noyer, celui-ci écrit sur la pierre « mon ami m’a sauvé. »

 « Pourquoi as-tu fait ainsi ? » lui demande celui qui l’avait giflé puis sauvé.

 L’ami répondit : «Ne faudrait-il pas écrire nos blessures sur le sable ? Les vents du pardon et le temps les effaceront  peut-être.

 Ne faudrait-il pas graver nos joies sur la pierre ? Les vents de l’oubli  ne pourront  peut-être pas  les effacer. »

( voir Internet, les deux amis et le désert, auteur inconnu, histoire réécrite par l’auteur du site.)

 

 

octobre 27, 2013 Contes

 Humilité.

 Peu de temps avant sa mort les élèves venaient remercier le maitre  philosophe pour son œuvre.

 Il leur dit : « Et pourtant la chose la plus importante je ne l’ai pas comprise. »

 « Quelle est cette chose ? » lui demandent les élèves.

 Il répondit  «  C’est précisément cela que je ne sais pas. »

 ( histoire  racontée par Robert Maggiori).

 

octobre 27, 2013 Contes

   

Lenteur et rapidité.

 

Comment tenir compte de la lenteur et de la rapidité ? Tchouang-Tseu était un peintre extraordinaire. L’Empereur lui demanda de réaliser un crabe. Tchouang-Tseu accepta à condition d’avoir cinq ans pour le faire et de nombreux serviteurs ainsi qu’une maison. Au bout de ce temps la peinture n’était pas commencée, il réclama cinq ans de plus. Au dernier jour l’Empereur arriva et, en un instant, Tchouang-Tseu peignit le crabe le plus beau que l’on eût jamais vu.
Histoire de Chine

Un empereur demande à un grand artiste de l’empire  de lui peindre un papillon.

 Pendant une année le peintre travaille dans les caves et les  greniers du palais,il fait  364 brouillons.

 Le 365 ème  jour il arrive devant l’empereur  et, sur une feuille blanche, en une minute, il peint le plus beau papillon du monde.

( conte  reconstitué à partir du précédent.)

                                                                             

                                                

 

octobre 27, 2013 Contes

Développement, croissance, décroissance.

  Un touriste voit un pêcheur qui se repose sur la plage sous son chapeau.

 Il lui demande : « vous ne travaillez pas ? » 

«  Si, lorsque j’ai faim je vais prendre quelques poissons. »

 « Vous pourriez travailler toute la journée. »

« Pour quoi faire ? »

« Pour vendre beaucoup de poissons. »

 « Pour quoi faire ? »

 « Vous auriez d’autres bateaux   et plus d’argent. »

 « Pour quoi faire ? »

« Pour prendre des vacances et  vous reposer au soleil. »

 «  Ah bon ! » dit le pêcheur,

et il se rendormit sous son chapeau.

(conte entendu et reconstitué)

 

 

octobre 27, 2013 Contes

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