Humilité.

 Peu de temps avant sa mort les élèves venaient remercier le maitre  philosophe pour son œuvre.

 Il leur dit : « Et pourtant la chose la plus importante je ne l’ai pas comprise. »

 « Quelle est cette chose ? » lui demandent les élèves.

 Il répondit  «  C’est précisément cela que je ne sais pas. »

 ( histoire  racontée par Robert Maggiori).

 

octobre 27, 2013 Contes

   

Lenteur et rapidité.

 

Comment tenir compte de la lenteur et de la rapidité ? Tchouang-Tseu était un peintre extraordinaire. L’Empereur lui demanda de réaliser un crabe. Tchouang-Tseu accepta à condition d’avoir cinq ans pour le faire et de nombreux serviteurs ainsi qu’une maison. Au bout de ce temps la peinture n’était pas commencée, il réclama cinq ans de plus. Au dernier jour l’Empereur arriva et, en un instant, Tchouang-Tseu peignit le crabe le plus beau que l’on eût jamais vu.
Histoire de Chine

Un empereur demande à un grand artiste de l’empire  de lui peindre un papillon.

 Pendant une année le peintre travaille dans les caves et les  greniers du palais,il fait  364 brouillons.

 Le 365 ème  jour il arrive devant l’empereur  et, sur une feuille blanche, en une minute, il peint le plus beau papillon du monde.

( conte  reconstitué à partir du précédent.)

                                                                             

                                                

 

octobre 27, 2013 Contes

Développement, croissance, décroissance.

  Un touriste voit un pêcheur qui se repose sur la plage sous son chapeau.

 Il lui demande : « vous ne travaillez pas ? » 

«  Si, lorsque j’ai faim je vais prendre quelques poissons. »

 « Vous pourriez travailler toute la journée. »

« Pour quoi faire ? »

« Pour vendre beaucoup de poissons. »

 « Pour quoi faire ? »

 « Vous auriez d’autres bateaux   et plus d’argent. »

 « Pour quoi faire ? »

« Pour prendre des vacances et  vous reposer au soleil. »

 «  Ah bon ! » dit le pêcheur,

et il se rendormit sous son chapeau.

(conte entendu et reconstitué)

 

 

octobre 27, 2013 Contes

Nucléaire.

 La guerre nucléaire n’a laissé qu’un survivant.

 Il monte au sommet d’un gratte-ciel, il boit, mange, écoute une belle musique et se jette du centième étage.

Avant d’arriver en bas il entend sonner le téléphone.

( conte  intitulé « les voix du silence », écrit  par le philosophe  Kostas  Axelos)

 Techno science.

 Une civilisation était parvenue à un niveau tellement  élevé de techno science qu’elle matérialisait la pensée,

  on  pensait à un être il était là, à une chose elle était là.

  Un jour des personnes  pensèrent  à des monstres qui avalèrent toute la civilisation.

 ( A partir de la science-fiction, conte proposé par l’auteur de ce site )

 

 

octobre 27, 2013 Contes

L’essentiel.

 Un sage demande à des personnes « Voilà un bol plein de cailloux, puis-je y mettre autre chose ? », 

«  Non » répondent-elles.

 Il ajoute du sable,

 «  Puis-je y mettre autre chose ? »

 « Non » répondent-elles.

 Il ajoute un peu d’eau puis demande : « Quelle est la philosophie de ce que je viens de faire ? »

 Les uns disent « il faut remplir sa vie jusqu’au bout »,

 d’autres  affirment «  il faut profiter de chaque moment de sa vie… »

Le sage ajoute : « N’oublions pas dans nos vies de mettre d’abord l’essentiel, puis l’important puis le secondaire. Essayons avant tout de déterminer ce qui est pour nous essentiel. »  

(  conte entendu et reconstitué par l’auteur du site)

 L’essentiel  et  la mythologie.  Daphnis es-tu là ?

 Un étudiant demande à son enseignant « Vous semblez aimer la mythologie grecque et romaine, comment, à partir  d’elle, nous diriez-vous ce qui est pour vous essentiel dans nos vies? »

Après un long   silence l’enseignant répondit :

J’aimerais pour chacun, chacune, pour tous et toutes, que l’essentiel  entre  dans  nos vies, comme on accueillerait  une nouvelle personne dans une ronde, par exemple une ronde à quatre.

  Voilà Sisyphe, condamné à rouler une roche au sommet d’une montagne, elle redescend et il doit toujours la remonter, ainsi  sont  dans nos vies   les  répétitions,

 Voilà Prométhée, qui  dérobe le feu aux dieux pour le donner à l’homme, ainsi   sont dans nos vies  les créations,

Voilà Castalie, nymphe métamorphosée en fontaine inspiratrice, ainsi  sont dans nos vies   l’enthousiasme et l’imagination,

 Voilà Hygiée, déesse qui soutient  la force des êtres vivants, ainsi  sont dans nos vies  la santé, le soulagement ou la guérison des douleurs,

La ronde des quatre commence ou continue, mais ils découvrent  que  quelqu’un d’essentiel  leur manque. Ils le veulent, ils l’appellent, le voilà.  

 Apparait Daphnis, berger, chanteur, poète et musicien, remarquable   de beauté et de sagesse, apprenant à tous le respect des hommes et de la nature, et qui, admis dans l’Olympe, prit sous sa protection les pasteurs et les troupeaux, il fut chéri  et des dieux et des êtres humains et du vivant.

  Ainsi dans nos vies, si nous pensons qu’il doit en être ainsi,  accueillerons-nous cette part  de l’essentiel ?

 (Conte proposé par l’auteur de ce  site.) ( voir aussi sur Daphnis  de P. Commelin, Mythologie grecque et romaine,Pocket,1994, pages 187 et 188.)

 

 

 

octobre 27, 2013 Contes

 

Perles commentées de copies  d’étudiant(e)s

En 41 ans(1972-2013) j’ai eu des colliers de perles d’étudiants de 1ère année , cela faisait de une à trois perles par an sur un amphi de 300.Souvent je crois qu’il s’agissait de quelques étudiants qui n’avaient pas suivi le cours et qui essayaient de mettre quelques lignes, parfois touchantes, d’autres fois il s’agissait d’ incompréhensions,d’erreurs… ce qui  était une raison de plus pour  essayer d’améliorer le cours. Je  commentais ces perles non pas sur la copie  (anonyme) mais sur un petit cahier. Le cours qui avait rassemblé  presque toutes les  perles était celui de “Grands problèmes politiques contemporains” à partir des sujets qui suivent (l’orthographe a été rectifiée lorsque c’était nécessaire),voici les plus marquantes.

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I) Les dominations des hommes et  les libérations des femmes

1)Je disais « Des dramaturges grecs affirmaient :   çà  n’est pas la femme qui  engendre, celui qui engendre c’est l’homme. »

L’étudiant(e) avait écrit sur sa copie : « çà n’est pas la femme qui  enjambe, celui qui enjambe c’est l’homme. »

Commentaire: enjambez un peu moins vos connaissances, mais votre esprit semble ailleurs, attention au grand écart !

2)« La femme a  pu passer le permis de conduire pour prendre l’air. »

Commentaire : pourquoi pas ?

 3) « Au début de l’histoire la femme n’était pas présente  et, au cours de l’histoire, elle a disparu. »

Commentaire : d’où vous vient ce don d’illusionniste ? Votre prof. d’histoire n’était pas là mais, en plus, a-t-elle  disparu ?

4)”A l’époque de la préhistoire l’homme faisait vivre le foyer et ramenait l’argent.(…)C’étaient les muscles qui dominaient or les femmes en avaient peu.

Commentaire: quelle était la banque au fond de la grotte? Le chemin pour la retrouver et pour progresser en anatomie sera long,courage.

  5)”Les femmes dans toute société font face à un mur qui est l’homme.Mais le mur a été sauté puisque la femme travaille.”

Commentaire:  être ou ne pas être un mur… à sauter. Bizarre, bizarre…

6) ” Madame Beauvoir a insisté sur l’existence du 2ème sexe,les preuves de cette existence sont désormais connues,on peut les constater si l’on regarde bien tous les jours”.   

Commentaire:   Simone de Beauvoir pensait que les “chemins de la liberté” étaient à construire tous les jours. Vos “constatations”  quotidiennes semblent plus basiques : les femmes existent. Il fallait aller plus loin: elles existent mais comment faire pour qu’elles viennent au monde en marchant sur des chemins de liberté? 


 7)  En exergue de la copie une perle émouvante :”Je m’intéresse depuis peu de temps aux rapports hommes-femmes, je choisis ce sujet avec intérêt et passion d’autant plus que je suis sur le point de tomber amoureux”.

Commentaire: comment pourrai-je connaitre la suite? Bonne chance.

 II)   Environnement

1) “Il faut poser des poubelles dans tous les coins que l’on peut voir et même dans ceux que l’on ne peut pas voir.Il faut recycler tout et recycler le recyclage.”

Commentaire: vous appelez-vous  Mr oeil de lynx ou Mr  table rase?

2)  Conclusion d’une copie : “La Terre va finir par s’évaporer, je vous dis adieu Monsieur, on ne passera pas l’hiver.”

Commentaire: profitez quand même bien de votre été !

3)”Il faut tous adopter des modes naturels partout.Dans l’alimentation des végétaux,dans les habits le moins possible sur soi, dans la boisson l’eau de pluie, dans les déplacements  nos pieds,dans les toilettes  des sèches, dans l’éclairage des flambeaux  et ainsi de suite. Peut-être arriverons-nous alors à sauver la terre?”

Commentaire : un début  impressionnant !

4) “La pollution est déclenchée par  petits gestes.Jeter par terre ses chewing gum,ses mégots,ses papiers,les crottes de chien.Jeter dans l’eau ses papiers,son plastique,son essence,les crottes de chien.Jeter dans l’air des fumées ,des parfums artificiels,des tuyaux d’échappement,des pesticides.Les petits gestes font les grandes rivières de pollution.”

Commentaire : votre côté gaulois a failli vous faire dire qu’un certain  malheur  peut venir   du ciel, mais vous avez bien fait de ne pas oublier qu’il est aussi sous nos semelles.

5) Conclusion  d’une copie “Si on laisse faire tout çà  voilà le KO et moi je ne suis pas OK pour le KO.”

Commentaire: conclusion percutante mais les rounds de la démonstration l’étaient  moins.

 

   III )     Violences

1) “La violence a toujours existé depuis mes plus lointains ancêtres jusqu’à moi. Je prends mon exemple,il y a des moments où je m’énerve,on ne peut pas m’approcher,il y a des moments où je suis cool on peut m’approcher.”

Commentaire : on en est aux confidences : en ce début de copie je suis cool et vous pouvez m’approcher.

2) “La cause de la violence c’est que tout s’oppose, l’homme et la femme,le bien et le mal, le jour et la nuit, le sucré et le salé. Si rien ne s’opposait il n’y aurait pas de violence, tout baignerait dans l’huile.”

Commentaire : vous avez des dons culinaires auxquels vous pouvez ajouter “le cru et le cuit.”

3) “Tant qu’il y aura des opinions différentes il y aura de la violence.”

Commentaire : une seule pensée,un seul maitre,un seule soumission.La violence de ce que vous écrivez

n’a d’égale que mon espoir  que vous ouvriez un jour les yeux. C’est le genre de perle noire qui ne me fait ni sourire ni rire.

4) Vers la fin de la copie “Il est insupportable qu’on vous ferme la porte devant vous, çà m’arrive très souvent et je trouve que ce manque de  politesse est une forme de violence.”

Commentaire: certes, mais il est dommage que cet exemple arrive presque en conclusion alors que vous aviez évoqué d’autres formes de violences plus… marquantes .Ne vous inquiétez pas outre mesure, des personnes  attentives existent,vous en rencontrerez . Oui “la politesse est à l’homme ce que le parfum est à la fleur.”

octobre 27, 2013 Perles

   

  L’espérance de l’humanité

 

L’humanité c’est l’ensemble des générations passées, présentes et à venir.

Lorsque, dans nos vies personnelles et/ou collectives, existent la grisaille, les brouillards, les ombres, l’obscurité ou les ténèbres de certains instants présents, ne pouvons-nous pas essayer, autant que faire se peut ( ?!…), de les  resituer  dans  la perspective de l’espérance de l’humanité ?

Difficile à exprimer, mais encore plus difficile à  vivre…et, pourtant, ce peut être une force possible que  celle d’entrer dans cette espérance de l’humanité.

 

L’espérance de l’humanité

   çà  n’est pas une illusion vaporeuse, fumeuse,

   çà n’est pas un gadget pour idéaliste,

   çà n’est pas un lot de consolation distribué par les maitres aux esclaves,

   çà n’est  pas le camouflage d’un gigantesque  cimetière des rêves trahis et des espoirs déçus…

 

L’espérance de l’humanité

Pour les croyants l’espérance de l’humanité c’est celle d’un dieu qui n’abandonne pas les êtres humains et qui les aime.

Il y a aussi une autre façon de la concevoir  et de la vivre,soit complémentaire soit exclusive de la précédente.Ainsi l’espérance de l’humanité

ce sont les vies  de ceux et celles qui nous  ont précédés à travers ces témoins d’humanité, connus et inconnus, luttant contre des forces de mort, c’est ce patrimoine culturel qu’ils nous laissent avec une immense chance, un grand bonheur de le découvrir et de le partager,

   ce sont les vies de ceux et celles  qui sont présents   aujourd’hui  , ces générations vivantes qui, si elles arrivent à  penser et à mettre en œuvre des moyens démocratiques, justes, écologiques et pacifiques, porteront un projet d’humanité, alors, oui, il les portera à son tour,

   ce sont les vies de ceux et celles qui vont nous suivre et qui peuvent nous dire : notre confiance en vous nous la risquons  à nouveau. Essayez, nous vous les prêtons, d’aimer le monde avec les cœurs et les esprits de ceux et celles qui vont arriver, et puis n’oubliez pas de nous laisser la liberté de devenir ce que nous voudrons être.

 

 Pablo Neruda faisait dire à des peuples plongés dans des souffrances : « Aucune agonie ne nous fera mourir ! » Cri de grande douleur et d’espoir fou ! La douleur peut nous casser, la fraternité peut, encore et encore,  contribuer à nous mettre debout.

 

 Ainsi, tant que dureront les êtres humains, l’espérance  n’est-elle pas  inépuisable?                                         

JML

 

 

 

octobre 17, 2013 Partages de paroles

[audio

 

Je crois en l’homme,cette ordure

je  crois en l’homme, ce fumier,                                                   

ce  sable mouvant, cette eau morte.                                        

Je crois en l’homme,ce tordu,                                                     

 cette  vessie de vanité,                                                            

je  crois en l’homme, cette pommade, 

 ce  grelot, cette plume au vent,

 ce  boutefeu, ce fouille-merde,

Je crois en l’homme, ce lèche-sang.

 Malgré tout ce qu’il a pu faire

 de mortel et d’irréparable,

 je crois en lui, 

pour la sûreté de sa main,

pour son goût de la liberté,

 pour le jeu de sa fantaisie,

 pour son vertige devant l’étoile.

 Je crois en lui pour le sel de son amitié,

 pour l’eau de ses yeux, pour son rire,

 pour son élan et ses faiblesses.

 Je crois à tout jamais en lui

 pour une main qui s’est tendue,

 pour un regard qui s’est offert.

 Et puis surtout et avant tout

pour le simple accueil d’un berger. »

Lucien Jacques (Tombeau d’un berger, 1953, republié par les éditions Alpes de Lumière, 1999), «  Je crois en l’homme » :

(Commentaire de l’auteur du site :                                          

Terrible et merveilleux poème,

malgré tout (!!!) croire en l’homme…

Quand elle existe, d’où vient cette force ?)

 

 

octobre 17, 2013 Poèmes

                                        

Il faudra bien mille ans

Pour que notre chair commune                            

Nos millions de ventres

Notre douleur béante

Nos révoltes et nos révolutions

Nos morts inutiles

Nos plans de lutte

Nos efforts d’un instant après l’autre                                                                                 

Notre patience et nos colères                                                                                             

Nos vies fugitives

–Je me lève et je te passe la flamme,                       

Je pleure de rage et d’espoir–                                     

 

Il  faudra bien mille ans pour que

 Nos vies anneau après anneau                                                                                                                                                                                                     

 Nos vies   maille   après maille

Nos corps tissés ensemble

Arc boutés

Accouchent

Du soleil. »

 

(inédit, revue La Lettre, août 1981)

Marie Claude Betbeder

(Commentaire de l’auteur du site :

magnifique  poème pour soutenir des luttes et leurs espoirs)

 

 

octobre 17, 2013 Poèmes

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« Ce n’est pas vrai                                                    

Que tout amour décline                                          

 C e n’est pas vrai

Qu’il nous donne au malheur                         

 C e n’est pas vrai

Qu’il nous mène au  regret,

 Quand nous voyons à deux

 La route vers l’avenir,                                   

Ce n’est pas vrai

Que tout amour dérive                                               

Quand les forces qui montent                       

Ont besoin de nos forces,                                                         

 Ce n’est pas vrai                                              

Que tout amour pourrit

Quand nous mettons   à deux

 Notre force à l’attaque,

Ce n’est pas vrai

Que tout amour s’effrite

Quand le plus grand combat

 Va donner la victoire,

Ce n’est pas vrai du tout

Ce qu’on dit de l’amour

Quand la même colère

 A pris les deux qui s’aiment,

Quand ils font de leurs  jours,

 Avec les jours de  tous,

Un amour et sa joie. 

Eugène Guillevic

Gagner, Gallimard, 1949 

 

(Commentaire de l’auteur du site :

l’amour de l’autre au milieu des autres,

poème merveilleux  pouvant inspirer,

par exemple, le départ d’un couple dans la vie)

 

 

 

octobre 17, 2013 Poèmes

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